My first blog entry in French …

2007 July 25
by Tim Chester

A treat of all my many blog readers who prefer French – well I know of one person out there in this category! The French Micah Network have produced the following article based on one of my blog entries. They have also translated another paper I wrote on the barriers to integral mission

Le livre de l’Apocalypse est l’une des rares critiques du pouvoir romain à avoir survécu. Jean y présente une critique sociale radicale de l’empire romain. Il reprend la critique de l’idolâtrie et de l’injustice sociale des prophètes de l’Ancien Testament et l’applique à l’idolâtrie et à l’injustice sociale de l’impérialisme de son époque. Mais quelle réponse Jean attend-t-il de ses lecteurs ?

Les passages bibliques suivants donnent la réponse (explicite et implicite). Ils rassemblent les injonctions du livre (mis à part quelques « indications scéniques » comme « viens et je te montrerai ») et les déclarations de bénédiction.
· Apocalypse 1.17
· Apocalypse 2-3
· Apocalypse 5.5
· Apocalypse 7.13-14
· Apocalypse 12.10-11
· Apocalypse 13.9-10
· Apocalypse 14.7
· Apocalypse 14.12-13
· Apocalypse 16.15
· Apocalypse 18.4-5
· Apocalypse 19.7-8
· Apocalypse 20.4-6
· Apocalypse 21.7-8
· Apocalypse 22.7
· Apocalypse 22.10-11
· Apocalypse 22.14-20
Le problème, c’est que beaucoup de personnes supposent qu’une critique sociale radicale implique obligatoirement une action sociale radicale, soit sous la forme d’une révolution ou d’une réforme politique, soit (plus récemment) sous la forme de consumérisme éthique. Cela conduit à voir le livre de l’Apocalypse soit comme une charte révolutionnaire, soit comme une charte de commerce équitable et de produits biologiques. Ceux qui font cette supposition sont aussi bien ceux qui défendent la critique sociale radicale de Jean que ceux qui veulent dépolitiser le livre de l’Apocalypse. Il est intéressant de noter que ce genre de réaction politique n’a rien de distinctif. Que ce soit la révolution ou le consumérisme éthique, cette réaction est quasiment identique à la réaction politique des non-chrétiens à l’esprit radical. Et c’est ainsi qu’elle s’exprime dans l’engagement politique chrétien actuel. Qu’est-ce qui différencie Artisanat-SEL de Terre des Hommes ? En quoi l’association Le Défi Michée diffère-t-elle d’ATTAC ou d’Amnesty International ?

Pourtant, quand on étudie la réponse que Jean attend de ses lecteurs, elle ne rentre pas dans nos catégories. Il n’appelle pas ses lecteurs à travailler à un changement de régime, pas plus qu’à une révolution ou à un consumérisme éthique. Il n’y a pas d’appel à prendre les armes.

« Prosternez-vous devant celui qui a fait le ciel et la terre »
Au cœur de l’appel de Jean il y a l’appel à adorer Dieu au lieu des idoles de l’empire.

« Je vis un autre ange qui volait au milieu du ciel ; il avait un Évangile éternel, pour l’annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, tribu, langue et peuple. Il disait d’une voix forte : Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l’heure de son jugement est venue ; et prosternez-vous devant celui qui a fait le ciel, la terre, la mer et les sources d’eau » ! (14:6-7)

La vérité que Jean proclame est une vérité publique. C’est une vérité non pour le ghetto de la religion vue comme appartenant au domaine privé, mais pour l’arène publique. Ce n’est pas un christianisme de dévotions privées et de mariages heureux, aussi importants soient-ils. C’est un christianisme qui se lance dans les domaines économique, social et politique. C’est un christianisme qui démasque leurs idolâtries et dénonce leurs injustices.

Comme nous l’avons vu, Jean reprend la critique prophétique vétérotestamentaire de l’empire et l’applique à la vie culturelle, économique et politique de son époque. Ce faisant, il nous donne un modèle. Il ne suffit pas de proclamer un évangile individualisé. Cela conduit au syncrétisme. Les personnes vont à l’église le dimanche pour mettre en ordre leur vie morale, mais continuent à adopter les valeurs du monde au travail et dans leur vision de la politique. Nous avons besoin d’un engagement critique vis-à-vis de la culture. Et pour cela, nous avons besoin dans notre proclamation – tant publique que personnelle – de créer un affrontement de visions du monde. C’est ce que fait Jean. Dans de nombreux cas, le point d’entrée sera un affrontement de styles de vie. Tout le monde ne pense pas en termes de concepts et d’idéologies. Mais un affrontement de styles de vie ouvre la porte à un affrontement de visions du monde. Il révèle les allégeances de notre cœur. Si nous ne procédons pas ainsi, la conversion des personnes sera privée, syncrétiste ou sélective. Cela signifie que nous ne traitons pas la Bible comme une simple source d’information de sorte que notre proclamation se contente de transmettre des informations. Cela signifie qu’il faut se questionner sur ce que Dieu fait dans les différents passages bibliques. Qu’est-ce que le texte cherche à accomplir ? Quels sont les changements qu’il veut obtenir et quelles sont les émotions qu’il veut stimuler ?

Ceci exige ce que John Stott appelle une « double écoute », tant de la parole que du monde. La parole continue, bien entendu, à faire autorité. Mais, si la parole veut entrer véritablement dans un dialogue avec le monde, alors nous devons comprendre ce monde. C’est ce que fait Jean dans l’Apocalypse. Il comprend l’empire romain. Il sait, par exemple, ce que contiennent les cargaisons commerciales (18.13-15). Mais plus que cela, il comprend le système commercial à son niveau le plus profond. Il voit son idolâtrie pour ce qu’elle est. Il décèle la main de Satan derrière ses prétentions. Et il apporte à cette compréhension de Rome une profonde compréhension de la Parole. Vous ne pouvez parcourir le livre de l’Apocalypse sans trouver des allusions à l’Ancien Testament « à chaque coin de rue ». Il a compris les critiques vétérotestamentaires de l’impérialisme, au point de les faire siennes.

Souvent, malheureusement, le souci de justice sociale exprimé par certains chrétiens évangéliques est entaché d’associations avec le christianisme libéral. Mais le livre de l’Apocalypse ne se limite pas à nous donner une légitimation pour dénoncer l’injustice sociale (quelles que soient ses associations). Il nous enseigne à aller beaucoup plus loin que le christianisme libéral ou les activistes séculiers. Le livre de l’Apocalypse révèle que derrière l’injustice et les empereurs se trouve l’idolâtrie. Son appel n’est pas tant à un changement politique qu’à la repentance, et à une repentance comprise à son niveau le plus radical : un changement de cœur, un changement d’allégeance, un changement de Dieu.

« Sortez du milieu d’elle »
À côté d’un modèle d’engagement, on peut dire que le livre de l’Apocalypse présente aussi un appel au désengagement. Il n’y a pas d’appel à manipuler les leviers de puissance, que ce soit par l’infiltration ou par la protestation, et encore moins par un combat armé. Nous sommes appelés à ne pas nous laisser enfermer, mais à « sortir du milieu d’elle » (18.4). C’est un appel à un mode de vie distinctif, un appel aux églises à être des sociétés alternatives. Nous remportons la victoire non par la puissance ou par l’influence, mais par notre témoignage et nos souffrances.

Jean a une vision socialement radicale. Cependant, Jean ne prône pas le renversement de Rome. Il attend un nouvel avenir dont l’avènement ne sera pas le fruit de la révolution, mais qui descendra du ciel. La vision de Jean est une vision eschatologique.

Que signifie « sortir du milieu d’elle » ? Ce ne peut être une question géographique. Sortir des frontières de l’empire romain n’est pas une option. Ce n’est pas non plus un appel à vivre dans un ghetto. Ce n’est pas un appel à devenir des sauvages retirés dans les collines sans contact avec le monde plus large, car le témoignage est l’autre refrain de ce livre. Au contraire, cela veut dire sortir de Babylone pour entrer dans la nouvelle Jérusalem. Et, pour les lecteurs de Jean, cela veut dire entrer dans les petites communautés chrétiennes qui sont des avant-postes de la nouvelle Jérusalem. Cela veut dire une allégeance à quelque chose de plus grand, un ensemble de valeurs différent, une affiliation communautaire plus significative.

Un de mes amis l’a exprimé ainsi :

« Les anabaptistes sont un excellent exemple de ce que signifie agir ainsi. Ils ont interpellé l’État pour qu’il mène une bonne politique (par ex. sur la division des terres), mais ils se sont pour eux-mêmes intéressés principalement à vivre comme des communautés alternatives, à être heureux d’être persécutés par l’État pour agir ainsi. Ils ont pratiqué une communauté de biens et pris soin des pauvres. Ils sont vraiment ‘sortis’, comme la vision de Jean appelle ses lecteurs à ‘sortir’ de l’empire romain. Ils ont été persécutés pour avoir agi ainsi, parce que cela menaçait le monisme de la culture dans laquelle ils vivaient. Peut-être devons-nous commencer comme les anabaptistes et examiner ce que signifie vraiment pour nous vivre une communauté de ce genre ? En tant qu’églises, qu’est-ce que cela voudrait dire pour nous, ‘sortir de notre société’ pour rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ? Jusqu’à quel point notre relation ambivalente avec la société (c’est-à-dire une hésitation permanente entre savoir si nous devrions plutôt faire pression sur le Parlement ou acheter des produits du commerce équitable) est-elle la conséquence du fait que nous recherchons encore malgré tout à créer la « chrétienté », une société sacrée, plutôt que de nous contenter d’être une petite faction marginalisée, subversive et radicale au sein de la société ? »

J’approuve les pressions faites sur le gouvernement et l’achat de produits du commerce équitable, mais ce n’est pas ce qui me fait vibrer. Ces actions sont limitées et peuvent être de pure forme. La journaliste Natasha Walker écrit :

« Pour la plupart d’entre nous, l’étiquette ‘éthique’ reste une marque comme une autre, que l’on peut exhiber de temps en temps. Mais il y a peu de chances que ce style de vie éthique self-service déclenche une révolution. Vous pouvez boire des jus de fruit naturels tout en faisant la queue pour votre vol transatlantique ; vous pouvez manger des brocolis cultivés localement sans être capable de résister aux myrtilles d’importation qui sont à côté ; vous pouvez acheter un T-shirt issu du commerce équitable en même temps qu’une ou deux robes qui sont si étonnement bon marché qu’il est impossible d’imaginer quel maigre salaire ont reçu les qui les ont cousues.
Sans dire qu’il faut rejeter ce genre de choix lors des achats, je pense qu’il est possible d’être plus honnête quant à leurs limitations. Il est en effet plutôt déprimant de constater que trop souvent les choix personnels de consumérisme éthique, aussi bons qu’ils puissent être, sont vus comme la seule chose qu’on puisse faire pour mettre en route un changement politique. Bien sûr, il est réconfortant, dans ce monde où tant de personnes ont perdu la foi dans des actions collectives et dans la réaction des partis politiques, de croire qu’il suffit de prendre quelque chose de différent sur l’étagère du supermarché pour payer son dû politique. L’autre sorte d’action politique, celle qui cherche à pousser d’autres personnes et gouvernements à faire les mêmes choix, est beaucoup plus ardue et risquée.

Nous avons vu une tendance vers une politique de la consommation, mouvement apparemment adopté par les politiques eux-mêmes. Le choix du consommateur est suprême. Le choix du consommateur en faveur de produits éthiques et environnementaux est considéré comme un pas en avant. L’action politique apparaît superflue. Bien sûr, les consommateurs choisissent aussi des produits bon marché qui ne sont ni éthiques ni environnementaux. Mais le choix du consommateur est suprême et personne ne veut empiéter sur la liberté de ses choix. David Cameron, le chef du parti conservateur anglais, a dit dans l’émission Today : « Nous avons tous notre rôle à jouer, en termes des choix que nous faisons au niveau individuel ou familial, ou au niveau des affaires, mais ce n’est pas au gouvernement de dire à chacun… que nous devons moins voyager, ce serait une erreur. »

… Est-ce à cela que se réduit une manière de vivre éthique ? Quand je pense aux personnes dont l’exemple moral, ces derniers mois, m’a littéralement obligé à m’arrêter pour réfléchir, j’ignore tout de leur impact sur l’environnement. Je pense à un homme, rencontré il y a quelques semaines chez un ami, qui avait abandonné une carrière prestigieuse dans les médias pour se requalifier en tant qu’instituteur à Tower Hamlets (NdT : une difficile banlieue populaire de Londres). J’ai été frappé par ce qui apparaissait comme sa totale intégrité en prenant la décision de ne pas continuer à séparer sa vie de celles des personnes qui l’entourent. Je pense à une femme à qui j’ai parlé, elle avait accueilli chez elle une demandeuse d’asile et son bébé parce que cette réfugiée risquait d’être reconduite à la frontière et n’avait pas reçu du gouvernement le moindre moyen de subsistance. C’est là une action éthique vraiment risquée, de celles qui bouleversent toute une vie. Elle l’avait accomplie parce qu’elle ne se sentait pas capable de tourner le dos à cette femme nécessiteuse, tandis que la plupart d’entre nous enfouiraient plutôt la tête dans le sable devant de tels besoins. C’est si difficile d’affronter ce genre de vie éthique, parce que s’attaquer aux besoins humains désespérés et aux inégalités flagrantes qui sont à notre porte est tellement plus compliqué et risqué que d’acheter quelque chose du commerce équitable en faveur des nécessiteux qui sont au loin.

La vision sociale radicale de Jean prend forme dans les petites communautés chrétiennes autour de l’Asie Mineure. Jean indique une alternative eschatologique à l’empire, qui est préfigurée dans la communauté chrétienne. Notre réaction à l’impérialisme et à la mondialisation de notre époque ne peut être une réponse individuelle. Nous sommes environnés de personnes qui vivent avec des valeurs différentes. Nous devons créer des structures alternatives crédibles. Notre tâche consiste à créer des communautés alternatives, qui vivent selon des valeurs différentes et qui témoignent de l’empire de l’Agneau. Le livre de l’Apocalypse présente une critique politique radicale des prétentions impériales et de l’injustice sociale. Ce témoignage exige la dénonciation de structures sociales chaque fois et partout où celles-ci sont devenues idolâtres et injustes. Ceci s’inscrit dans la lignée de la tradition prophétique vétérotestamentaire qui interpelle les nations au-delà du peuple de Dieu. Mais cela ne sous-entend pas pour autant une réaction d’activisme social radical sous la forme d’une révolution ou d’une réforme politique. Au contraire, cela en appelle aux chrétiens pour qu’ils témoignent fidèlement de l’empire de l’Agneau à venir. C’est un appel à nous séparer de la culture idolâtre environnante (Babylone, la prostituée) pour nous aligner au contraire sur la communauté chrétienne (Jérusalem, l’épouse). C’est un appel à être marginalisés pour l’amour du Christ. Ce n’est pas un appel à nous emparer du pouvoir, mais au contraire à opérer aux lisières du pouvoir.

« Si l’Église veut être efficace et plaider pour un nouvel ordre [du royaume]… elle doit être elle-même un nouvel ordre social… L’assemblée locale… ne représente pas avant tout un promoteur de programmes pour le changement social (bien qu’elle le sera), mais elle est avant tout en elle-même un avant-goût d’un ordre social différent. Ses actions pour la justice et la paix seront – et seront perçues comme telles – le débordement de la vie en Christ, où la justice de Dieu et la paix de Dieu sont déjà un trésor vécu. »
(Lesslie Newbigin, The Gospel in a Pluralist Society – L’Évangile dans une société pluraliste)

« La nouveauté politique que Dieu introduit dans le monde est la communauté de ceux qui servent au lieu de diriger, qui souffrent au lieu d’infliger la souffrance, dont la communion franchit les barrières sociales au lieu de les renforcer. Cette nouvelle communauté chrétienne… n’est pas seulement un véhicule de l’Évangile ou un fruit de l’Évangile ; c’est la bonne nouvelle. »
(Jess Moody, A Drink at Joel’s Place – Un verre chez Joël)

Le cœur de son appel est un appel à remporter la victoire. C’est l’application qui est répétée aux sept Églises. Et la signification de « remporter la victoire » est développée dans le livre (en particulier 12.11 et 14.12) :
· mettre sa confiance dans l’Évangile (le sang de l’Agneau)
· proclamer l’Évangile (la parole de leur témoignage)
· être fidèle à l’Évangile (persévérer même jusqu’à la mort).

« Recherchez la paix de la ville »
Jean appelle l’empire romain « Babylone », parce que Babylone est la quintessence d’une société humaine opposée à Dieu. Babylone était l’empire qui a éliminé le royaume de David et détruit le temple de Salomon. Et Jean dit à ses lecteurs : « sortez du milieu d’elle » (18.4). Ne soyez pas complices du système romain.

Mais que savons-nous du peuple de Dieu dans la Babylone originelle ? Qui vivait à Babylone ? Daniel. Et quelle était sa fonction ? L’équivalent babylonien d’un Premier ministre. Il était au centre même du système babylonien.

Alors, j’aimerais que nous imaginions une conversation entre un Jean de notre époque et un Daniel de notre époque. J’aimerais les imaginer à un moment où ils se retrouvent dans un train.

À quoi ressemblerait ce Daniel ? Où habiterait-il ? Que ferait-il ? Comment serait-il habillé ? Quelles seraient ses attitudes sociales ?

À quoi ressemblerait ce Jean ? Où habiterait-il ? Que ferait-il ? Comment serait-il habillé ? Quelles seraient ses attitudes sociales ?

Daniel est le chef d’un cabinet ministériel, il voyage en première classe depuis sa vaste maison du Surrey [NdT : banlieue chic de Londres]. Jean est un hippy vieillissant, un manifestant pour la paix, qui vit dans un quartier de Manchester [NdT : ville industrielle]. Peut-être Daniel commencerait-il en disant : « Jérémie nous a dit de “ rechercher la paix de la ville ”. C’est ce que je fais. J’introduis les valeurs divines dans la ville. Mais tu nous traites mal avec toutes tes incitations à la révolte ». Peut-être Jean commencerait-il en disant : « Tu as renié tes principes. Tu t’es compromis. Le royaume de Dieu ne se répand pas par la puissance humaine ». Je pense, cependant, qu’au fil de la conversation, ils vont découvrir qu’ils ont plus en commun qu’il n’apparaissait au premier abord. Jean apprendrait, par exemple, que Daniel n’a pas renié ses principes – même confronté à une fosse aux lions.

La Bible nous demande de respecter les systèmes humains comme étant institués par Dieu, mais de nous dresser contre l’idolâtrie et l’injustice humaines. Il y a ici une tension que chacun d’entre nous doit résoudre dans sa vie. Mais nous ne manquons pas de modèles bibliques. À Babylone, Daniel et ses amis ont connu cette tension. Ils jouaient des rôles clés dans le système babylonien et ils étaient respectés par ses gouvernants. Daniel est profondément impliqué à Babylone, il recherche la paix de la ville comme Jérémie les y a exhortés, lui et ses compagnons d’exil (Jérémie 29.7). En même temps, il refuse de se compromettre avec son idolâtrie. Il refuse la viande du roi, voit ses amis jetés dans une fournaise, il est lui-même jeté dans la fosse aux lions et, en fin de compte, il prie pour sa chute et pour que son peuple puisse être libéré. Il fait partie du système, mais il prend clairement position hors des valeurs du système. Il est à la fois intégré et étranger. C’est seulement l’ange fermant la gueule des lions et le quatrième personnage de la fournaise qui les ont sauvés d’avoir à payer le prix ultime d’une allégeance totale à Dieu et à sa parole.

Rechercher la paix de la ville ne veut pas toujours dire chercher la paix de la ville selon la définition de paix qu’en donne la ville. Mais un conflit de cet ordre n’est pas obligatoire. Les chrétiens s’engageront dans les soins de santé, les affaires ou l’éducation, pour guérir, ravitailler et éduquer les citoyens de la ville. Mais parfois, nous aurons aussi à chercher la paix de la ville en protestant contre elle. Il n’est pas question de patriotisme aveugle : « Je soutiens mon pays, qu’il ait tort ou raison ! ». La paix de la ville que nous recherchons est la paix telle que Dieu la définit. Nous cherchons la paix de la ville en nous opposant, par exemple, à l’avortement, à la mise sur la touche du mariage. Nous recherchons la paix de la ville en nous opposant aux pratiques commerciales injustes, aux politiques étrangères agressives. Nous recherchons la paix de la ville en proclamant l’Évangile qui est le moyen de recevoir le plus grand bien : connaître Dieu.

Quand Daniel interprète l’écriture sur le mur, Belchatsar propose de le faire sortir de l’ombre et de lui donner la troisième place dans le royaume. Mais Daniel refuse, parce que ce royaume ne durera pas. Belchatsar n’a pas appris la leçon de Nébukadnetsar qui avait été humilié par Dieu (5.17-21). Belchatsar ne s’est pas détourné des idoles. Il ne s’est pas humilié devant Dieu. Il a incarné son mépris de Dieu en faisant apporter les vases du temple pillé à Jérusalem pour servir à ses s de boisson (5.22-23). Daniel annonce que Dieu retire le royaume à Belchatsar et le donne aux Mèdes et aux Perses (5.24-28). Belchatsar revêt Daniel de pourpre, lui met au cou un collier d’or de fonction et lui donne la troisième place dans le gouvernement du royaume, en dépit de ses protestations (5.29). Mais à quoi cela sert-il ? À quoi cela sert-il de recevoir un royaume qui est en train de s’écrouler ? Cette nuit-là, Belchatsar est assassiné et l’empire babylonien prend fin. Quand il prend fin, Daniel est là. J’aime l’imaginer, un vieil homme maintenant, vêtu des vêtements royaux qu’il a refusés. Alors que les soldats perses se déversent dans la ville, les habitants courent de toutes parts pris de panique. Au milieu du chaos, Daniel se tient debout, se demandant calmement si c’est l’heure de Dieu, si c’est le moyen par lequel Dieu ramènera son peuple de l’exil.

Ce monde possède beaucoup d’attraits. Il peut offrir un gros salaire, une voiture de luxe, une belle maison, une nuit d’amour, des vacances au soleil. Mais à quoi cela sert-il ? À quoi cela sert-il de recevoir un royaume qui est en train de s’écrouler ? À quoi cela sert-il si vous compromettez votre âme ? Quel est le prix exigé de vous en retour ? Cette nuit-même le fier empire babylonien s’est écroulé. L’empire romain qui a tenu pendant mille ans s’est aussi écroulé. Les empires de notre époque naîtront et mourront. Mais le royaume de Dieu subsistera pour toujours.

Nébukadnetsar, le plus grand roi de Babylone, avait fait un rêve dans lequel il voyait une statue à l’aspect terrible, à la tête d’or, au torse d’argent, aux cuisses de bronze et aux jambes de fer. Mais une pierre a frappé la statue et l’a complètement détruite. Puis la pierre est devenue une montagne qui remplissait toute la terre (Daniel 2). Avant de mourir, Daniel a lui aussi fait un rêve dans lequel il a vu quatre bêtes d’une grande puissance. Mais leur pouvoir leur est retiré et il est donné à quelqu’un qui ressemble à un fils d’homme (Daniel 7). Le message des deux rêves est le même : les empires naissent et meurent, mais le royaume du Christ subsistera pour toujours.

3 Responses
  1. 2007 July 30
    Stov permalink

    Ooh lala

  2. 2007 August 10

    Ha at last,Bridgitte will get it.
    Merci

  3. 2007 August 23
    Steve McAlpine permalink

    Now if I just had read this blog before I ordered food at a cafe during our holidays I wouldn’t have ended up with the poached toilet brush in the blender

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